Un master créateur de talents HPC

En 2023, l’Université du Luxembourg a lancé un Master en calcul haute performance (MHPC) dédié aux nouveaux défis et besoins liés au calcul haute performance.

Avec l’émergence de besoins croissants en capacité de calcul, dans le sillage du développement exponentiel des applications utilisant l’intelligence artificielle, de nouvelles compétences informatiques sont requises. Parmi eux, ceux qui permettent de maîtriser des outils comme les supercalculateurs, qui, pour la maintenance ou la programmation, nécessitent un savoir-faire très différent de ce que l’on peut trouver dans les environnements informatiques « traditionnels ».

C’est dans ce contexte que l’Université du Luxembourg a lancé en 2023 un Master en Calcul Haute Performance (MHPC), afin de former de nouveaux talents dans ce domaine. « Cela ne concerne pas seulement des sujets comme l’intelligence artificielle, mais aussi de nombreux autres domaines comme la physique ou la chimie qui nécessitent de telles capacités de calcul pour faire avancer la science », explique le Dr Pierre Talbot, codirecteur du MHPC.

Consortium européen

Avec ce master, l'Université du Luxembourg est l'une des huit universités européennes membres du consortium EUMaster4HPC, créé un an plus tôt sous l'impulsion de l'entreprise commune EuroHPC, en vue de concevoir et de mettre en œuvre le premier programme de master paneuropéen dédié au calcul haute performance.

L’objectif est de créer un corpus de connaissances académiques sur le HPC, basé sur la mobilité et la création d’une véritable communauté en Europe. « À long terme, l’idée est de fournir du matériel pédagogique utilisable gratuitement par les acteurs de l’industrie », explique le Dr Talbot.

À terme, l’idée est de fournir du matériel pédagogique utilisable gratuitement par les acteurs de l’industrie.
Pierre Talbot, Université du Luxembourg

Les étudiants qui s’inscrivent à la MHPC poursuivront les deux années de formation à l’Université du Luxembourg, qui aboutissent à un diplôme « national ». En parallèle du MHPC, l’EUMaster4HPC permet aux étudiants de suivre l’une de leurs deux années dans l’un des sept autres établissements du consortium, pour ensuite détenir un double diplôme à dimension paneuropéenne.

« Selon les universités, les formations et spécialisations proposées varient au cours de cette deuxième année. Et entre les deux années, les étudiants doivent participer à une école d’été où ils participent à des ateliers et peuvent effectuer un stage dans une entreprise, une université ou un centre de recherche », explique le Dr Talbot.

600 candidats, 40 élus

En étroite collaboration avec les entreprises elles-mêmes, le programme MHPC est continuellement affiné et adapté. « Nous n’en sommes vraiment qu’au début de la coopération qui peut être développée entre l’industrie et le HPC. Pour l’instant, toutes les entreprises qui seraient susceptibles de s’appuyer sur des supercalculateurs ne le font pas, en raison du manque de compétences et de talents », note le Dr Talbot.

Plus de 600 étudiants ont postulé pour rejoindre le MHPC pour le début de l’année universitaire 2024. La classe ne compte que 40 participants chanceux, sélectionnés sur la base de leur candidature. Au niveau d’EUMaster4HPC, une dizaine d’étudiants poursuivront leurs études en deuxième année à l’Université du Luxembourg au prochain semestre.

La spécialisation de la deuxième année est très orientée intelligence artificielle et aborde des sujets tels que les techniques d’apprentissage automatique et la visualisation de données.
Pierre Talbot, Université du Luxembourg

« Les compétences des étudiants que nous formons vont au-delà de la seule thématique du HPC. Il s'agit plutôt de profils de « couteau suisse ». La spécialisation de la deuxième année est très orientée vers l’intelligence artificielle et aborde des sujets tels que les techniques d’apprentissage automatique et la visualisation de données », ajoute M. Talbot.

L’économie des données bien couverte

Alors que le supercalculateur MeluXina est le Saint Graal au Luxembourg, les étudiants de MHPC peuvent déjà mettre les mains dans le cambouis et perfectionner leur apprentissage sur l’ordinateur haute performance AION de l’Université. Il affiche une performance maximale d’environ 1,70 pétaflops, qui peut être portée à 2,8 pétaflops en le combinant avec le précédent supercalculateur, Iris.

Le Master en Calcul Haute Performance complète parfaitement le paysage des cursus universitaires tournant autour de l’économie des données. Il y a aussi :

  • Master en Data Science (fournissant les compétences nécessaires pour permettre de résoudre des problèmes complexes avec des données dans différents contextes)
  • Erasmus Mundus Joint Master in Cybersecurity (spécialisé dans la sécurité des applications, des systèmes et de la programmation)
  • Master en gestion de la sécurité des systèmes d’information (en partenariat avec le Luxembourg Institute of Science and Technology)
  • Master en Sciences de l’Information et de l’Informatique (en comprenant ses fondements abstraits et interdisciplinaires)
  • Master en Technopreneuriat (destiné aux professionnels des secteurs Smart ICT et aux technopreneurs désireux de façonner des innovations techniques)
  • Master en Cybersécurité et Cyberdéfense (assurant une compréhension de base de la sécurité de l’information ainsi que des compétences opérationnelles en gestion de la sécurité de l’information et en cyberdéfense)
Image par Innova Labs de Pixabay

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