Le classement de compétitivité du Luxembourg grimpe en flèche en 2026
Le Luxembourg grimpe à la 14e place du 2026 IMD World Competitiveness Ranking, son meilleur résultat depuis 2022. Sa performance économique est la meilleure de l’UE.
Lena Mårtensson
Le Luxembourg a gagné six places dans l'IMD World Competitiveness Ranking 2026, se classant 14e sur 70 économies mondiales. Ce classement, publié chaque année par l’International Institute for Management Development à Lausanne, classe 70 économies sur plus de 300 indicateurs répartis sur quatre piliers. L’édition de cette année est dominée par Singapour, suivie par le Hong Kong et la Suisse.
Après trois années consécutives en milieu de tableau — 23e en 2024 et 20e en 2025 — le Grand-Duché est revenu dans le top 15, un niveau cohérent avec ses performances d’avant 2023. La performance économique du Luxembourg est la meilleure de l’Union européenne pour cette édition, à un moment où la plupart des États membres de l’UE perdent du terrain.
Performance économique: un rebond spectaculaire
Le développement le plus frappant est la reprise spectaculaire du Luxembourg dans le pilier de la performance économique, où il a grimpé de 29 places pour atteindre la 6e place mondiale. Ce rebond est principalement motivé par la performance du pays en matière d’investissement international, où le Luxembourg a obtenu la première place mondiale — un record historique pour le Grand-Duché. Le Luxembourg conserve également son statut de l’une des meilleures économies mondiales pour le PIB par habitant, tandis que son centre financier continue de dominer le classement mondial pour la part des actifs du secteur bancaire par rapport au PIB.
Ce rebond est principalement motivé par la performance du pays en matière d’investissement international, où le Luxembourg a obtenu la première place mondiale — un record historique pour le Grand-Duché.
Cela dit, le rebond doit être lu avec une certaine nuance. Les flux d’investissements internationaux du Luxembourg sont structurellement volatils, et le pays a connu de fortes fluctuations sur cet indicateur par le passé. Par contre, la croissance sous-jacente reste lente: le PIB n’a augmenté que de 0,6% en 2025, bien en dessous de la moyenne des pays IMD de 2,8%, et la croissance du PIB par habitant était négative. Le chômage des jeunes, à 18,6%, reste une préoccupation persistante.
L’efficacité gouvernementale et l’efficacité économique tiennent bon
Le pilier de l’Efficacité gouvernementale du Luxembourg — longtemps l’un des principaux avantages concurrentiels du pays — est resté stable à la 13e place, récupérant une partie du terrain perdu en 2025. Le pays se classe 1er pour la légitimité du gouvernement, et 5e pour l’État de droit. Le cadre réglementaire et juridique pour les entreprises s’est nettement amélioré, passant de la 17e à la 13e place, reflétant une perception plus favorable de l’environnement d’affaires parmi les cadres interrogés.
Le pays se classe 1er pour la légitimité du gouvernement, et 5e pour l’État de droit.
L’efficacité des affaires a également rebondi à la 20e place, égalant le résultat du pays en 2022. La productivité et l’efficacité sont montées à la 11e position, et les attitudes et valeurs — portant sur l’ouverture à la mondialisation, la culture pro-entreprise et la réceptivité aux idées étrangères — ont grimpé de neuf places pour atteindre la 26e place, bien devant la Belgique (49e), l’Allemagne (57e) et la France (64e). Le secteur financier a enregistré une forte performance sur le sous-pilier Finances, grimpant de 11 places pour atteindre la 12e place.
Côté infrastructures, le Luxembourg a conservé sa 24e place au classement général, soutenu par de solides scores en infrastructures de base (15e), santé et environnement (20e) et éducation (4e). Le pays occupe la 1ère place mondiale pour les dépenses publiques d’éducation par élève et la 2e place pour les dépenses de santé.
Défis structurels: marché du travail, infrastructures digitales et politique budgétaire
Le tableau d’ensemble est encourageant, mais plusieurs défis structurels subsistent. La performance du marché du travail a continué de baisser, chutant de 16 places pour s’établir à la 42e place, les coûts de main-d’œuvre — en particulier pour les travailleurs hautement qualifiés et moyens — étant parmi les facteurs les plus pénalisants. La capacité à attirer et à retenir des talents étrangers hautement qualifiés, une force de longue date, est passée de la 4e à la 9e place.
L’infrastructure technologique mérite également une attention: le Luxembourg s’est classé 48e sur ce sous-pilier, avec des résultats relativement médiocres en termes de coûts de téléphonie mobile et de débits de bande passante internet.
Enfin, la politique budgétaire (49e) et la durabilité des dépenses publiques — en particulier la viabilité du système de retraite (34e) — restent des domaines où une réforme structurelle est largement perçue comme nécessaire. La Chambre de commerce du Luxembourg identifie cinq défis majeurs de compétitivité pour 2026:
- Restauration d’une croissance durable
- Gestion des coûts de main-d’œuvre et d’énergie
- Mise en œuvre d’une réforme globale des pensions
- Renforcement de la diversification économique
- Garantir un approvisionnement adéquat en main-d’œuvre et en compétences
Perspectives
Le retour du Luxembourg dans le top 15 est un véritable pas en avant, et le pays est l’une des rares économies européennes à aller dans la bonne direction. Maintenir cet élan dépendra de la traduction des forces institutionnelles en réformes structurelles plus profondes — en particulier sur la croissance, la productivité et la préparation numérique.
Crédit photo : LFF